Going Home: What No One Really Talks about

A few months ago, I sat down with two Polish friends in an Irish Pub in Copenhagen. We talked about many different things and I felt inspired by their input, as I always do when I find myself among people who come from different places. Foreigners (to you, which potentially, could be anyone…) always bring their own backgrounds into the conversation and that is, to me, what makes these conversations particularly rich.

That day, we knew it, was one of the last nights we would spend together as I was a few weeks away from going back “home”, a home which hadn’t been mine for the past 5 and a half years. It was about to be special, in many ways, and our conversation slowly went on to touch on the most interesting topics to the nomad’s life: being “back”.

Surprisingly enough, I had never talked nor heard anyone talk about what one of my two friends mentioned: pressure.

Oh, the pressure of going back home… Where do I start? Does being “back” really mean being “back” to where we left from, to the mindset we were in before flying out, to the same routine, to the same house, to the same people?

Going back home is very hard – because everything can be the same and yet nothing feels as it fits anymore. But the expectations are the same. Your parents expect the same from you. Your siblings. Your friends. Your country’s workplace. Your neighbourhood. Nothing has changed but you have and everything needs to be updated.

The food you couldn’t live without suddenly doesn’t look appealing to you anymore; you find yourself having to look for conversation topics to discuss with your best friends when you used to spend so much time together without ever wondering why you’d have to leave; the places you used to love have become dull; no job position seems to be of interest for your profile and your desires; the people you thought could understand you the best have no answer to comments or questions nor does it seem they have any interest in listening to you anymore.

And it’s hard not to think it is bad. That you are bad, that they’re bad, that the food is bad, that the neighbourhood is bad, that the work situation is bad, that the people are bad, that everything is bad. It is hard because, somehow, it feels like it. Because in that other place, you found this amazing food that seems to have been made for you; you found this company to work in, which you loved so much you could have created yourself; you made such special friends you wished could have come along with you; you’ve seen so many places where you’d see yourself live a daily life; you’ve seen so much that what you have now, back home, does not seem enough, does not seem to fit who you are anymore.

Everyone, everything – they keep expecting the same things from you. The same behaviours, the same way to dress, the same tastes, the same desires, when maybe, maybe, something has changed within you, some things have changed, you don’t really know why, but you find it hard to explain and you’re not sure where it comes from, but it’s there, it’s different, it’s special and you wished you could do something about it.

I think it’s about updating and being okay with the change that’s happened within. Being okay with the fact that you’re not the same. And that it’s a good thing.

Maybe our home countries can deal with our changes, too (and by home countries, I mean everything around us, the people, the food, the landscapes, the plants, the animals, etc.); but we have to make the update, be proactive and change what has to be changed. Updating might not work, but it’ll be worth the try. And then the world is still open, and there’s still time and places to go…

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Douce France et son éducation en carton

Dernièrement je me dis souvent que c’est une bonne chose de ne pas avoir fait mes études en France. J’entends plein de gens, jeunes comme moins jeunes, avec ou sans expérience professionelle, me dire que de toute façon, aujourd’hui, tu fais rien avec un master.

Et moi, ça me fait beaucoup réfléchir parce que j’ai pas du tout cette impression là. En juin, je serai pour la deuxième fois diplômée d’université, j’aurai un master en pôche, comme on dit, et j’ai vraiment hâte. Mais j’ai pas hâte parce que j’en ai marre d’étudier – j’ai adoré environ chaque jour de mes études parce qu’ils m’ont tous poussée à aller plus loin dans ma recherche de savoir et de sagesse et de but etc. – mais parce que j’ai hâte de faire plein de choses.

J’ai plein d’idées. Plein d’espoir.

Je regarde plein d’annonces sur LinkedIn, GraduateLand, jobsearch et tout le toutim, et avant ça, j’ai encore 5 mois avant de finir mon master, et j’ai déjà un boulot que j’aime bien, et j’ai commencé un blog hyperactif avec une amie, ce qui me rend plutôt occupée. Et même comme ça, quand j’imagine mon futur, je rêve, j’arrive pas à compter toutes les belles découvertes et aventures qui m’attendent tellement j’en vois, et j’imagine en plus de ça toutes celles que je vois pas et là j’ai envie que les 5 prochains mois passent vite et…

Et je me rends compte que je suis vachement privilégiée. À la base, je suis une optimiste, et peut-être un peu naïve mais jusqu’ici, ma naïveté m’a ammenée dans de jolis endroits, donc je tente de la conserver… Mais quand même ! Pourquoi ? Pourquoi j’ai l’impression d’être la seule petite jeune française qui arrive à avoir le sourire quand elle pense au futur ? À la vie professionelle, à l’entrée dans la vie active ?

France symbols - http-::www.lachambredessecrets.com:symbols-of-france:.jpg

Oh yes, Fwance, fwomage, oh la la – Source

Sûrement parce que j’ai pas eu à écouter tous les discours franco-français sur l’importance de l’une ou l’autre école en France (c’est la meilleure donc c’est ça ou tu vas avoir du mal, oui, tu n’as que 20 ans mais là je pense que t’es foutu(e)), sur l’importance de faire 5 ans d’études ou rien, sur l’importance d’une fois sorti(e) du bac, peut-être à même pas 18 ans, de choisir des études dans un intérêt purement practique (fais pas prof parce que c’est mal payé, encore moins de sport parce que c’est mal vu, ah et puis psychologie tu ne peux pas parce que tu n’as qu’un petit bac L de rien du tout, fais pas non plus sage-femme parce que tu dois passer par médecine et c’est impossible de réussir, ah et surtout pas de musique ou d’art ou de théâtre ou de philo parce que là tu te mets des bâtons dans les roues, mais vraiment, des bâtons super lourds, de métal, impossible à casser ni retirer…), ou même de choisir des études tout court, et surtout, de ne jamais rater pour finir au plus tôt possible, et de ne, jamais au grand jamais, changer d’avis.

Et moi, j’ai fait à peu près tout le contraire. J’ai pas été dans une école importante, j’ai été dans une école qui me plaisait, pour les cours qu’elle offrait. Ensuite, je me suis arrêtée un an, pour voir un peu le monde. Et puis ce que j’ai choisi, c’était pas tellement pratique (vaut mieux être ingénieur que traducteur, non ?), et en plus (!!!!) j’ai changé d’avis ! Et on m’a demandé pourquoi, en trouvant que, clairement, c’était pas normal. Et puis, en changeant d’avis, j’ai choisi un truc encore moins “pratique”, parce que vraiment, tu veux faire quoi avec un master de linguistique, qui en plus ne vient pas de la Sorbonne, mais d’une université danoise, franchement qu’est-ce qui t’a pris ?

Et en faisant tout le contraire de ce qu’on nous dit de faire en France, je me suis mise sur la voie qui me plaisait le plus, la voie où passe un train avec des fauteuils qui sont à ma taille, de la couleur qui me plaît ; dedans il y a de la peinture que j’ai choisi pour pouvoir dessiner et peindre l’extérieur (mais parfois je m’arrête pour choisir une autre couleur parce que j’ai changé d’avis, et puis un peu de changement ça fait du bien de temps en temps) et en plus, je peux même choisir la vitesse à laquelle il va (par contre il n’a pas de prises électrique pour charger mon Samsung système solaire 19+476, je préfère pas, ça me pousse à lire un peu plus).

Autumn train ride http-::indulgy.com:post:Hk3r3ol1m1:autumn-train-ride.jpg

Les super vues depuis mon train – Source

 

Je le sais, j’ai eu beaucoup de chance : la chance de pouvoir partir, d’être épaulée et soutenue dans les décisions que je prenais. À défaut de me mettre des bâtons de métal dans les roues, on m’a donné des super roues toutes légères pour que j’avance mieux, pour que je doive pas pédaler pour rien, et de bons freins, pour avoir le temps de changer de direction si je m’étais dirigée vers la mauvaise (t’as compris, mon train est électrique, c’est moi qui pédale pour qu’il avance).

Mais il font comment, les autres ? Ceux qui ont de mauvaises roues et des freins pourris, à qui on rajoute (comme si c’était pas déjà suffisant) des bâtons ?

L’été dernier, on m’a dit que c’était bien de partir de la France, pour voir du paysage, voir comment ça fonctionne ailleurs, mais qu’il fallait revenir. Qu’il fallait revenir pour partager ce qu’on avait appris. Ce qu’on avait vu. Reste juste à trouver comment…

(J’aurais pu nommer cet article “pourquoi j’ai pas DU TOUT envie de te revoir” ou “tu m’énerves et me déprimes” et “franchement j’avoue avec des études on fait rien et j’ai l’impression que ça a à voir avec ton système éducatif de m$*ù% qui date du siècle dernier” mais j’ai opté pour un titre un tant soit peu plus doux, parce qu’en fait j’ai fait des sciences “””””douces”””””, ou “””””molles””””” donc je suis capable d’à peu près… bah, que de ça.)

Flow and Little Things I love

It was 6.40am at CDG airport, I am about to fly back to Copenhagen, both emotionally and physically exhausted from the draining hectic days I’d just spent, and from the time my alarm had rung. All I could think of was my seat on the plane, standing gaping, stomach starting to growl. I decided to go get a drink at the Relay shop, the red one you find everywhere at train stations and airports in France. Every time I see it, I feel a mix of peace and excitement, which cannot be for the place itself. It is very impersonal and cold; but when I was a kid, before getting on a train or plane somewhere, my mom would always allow me and my sisters to go the Relay shop and get a magazine to read on. That morning, I stood there, scanning through the titles in front of me. What did I feel like reading today? Did I feel like reading at all? Science, photography, life-style? Politics, news, economy? Nothing I had in front of me really managed to convince me. I walked, sleepy, to the drinks display, chose a chocolate one and headed for checkout.

Bus early morning light(SOURCE)

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As I waited for the clients to pay before me, I looked around and my eyes suddenly stopped on a colourful, hard-cover magazine. Without thinking, I stepped forward and reached for it. I looked inside, turned the pages five by five; it is full of beautiful colours and illustrations, there is an article about cooking, one about living in the present, another on writing and an extra notebook for a 30-day writing challenge; detachable hard-page drawings here and there… Out of curiosity, I take a quick look at the price, knowing within that it won’t really carry weight in the inner discussion I am about to have with myself. Without thinking twice, I decide it is mine and walk to the counter. 8,95€, s’il vous plaît, I pay and walk back to my gate; I get on the plane, and as expected, fall asleep before we take off.

Flow magazine France cover

Cover of this month French version of Flow

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Flow is a lifestyle magazine whose main focus is making the readers happy, among other positive emotions you experience when going through the pages. I felt energetic, amazed, curious; I was impressed and inspired; I dreamt and thought anything was possible. More importantly, I felt inspired, inspired to be and give importance to the little things that make me happy, because after all, they truly are what matters – and that is exactly what the magazine manages to give evidence of. After reading an article the team wrote in this month edition (the great happiness of small things, in French, Le grand bonheur des petites choses), I decided to sit down and make a list of little things that make me happy.

I love
Getting on my bike after a few days away from home

Drinking latte in the Sun on a bench by the water
Wearing pyjamas early in the evening on a cold winter day
Going to the cinema
Playing card games on rainy Summer days
When my cat purrs
Looking at Autumn leaves falling & turning in the wind
Hugging someone I haven’t seen in a long time
Stepping on a sandy beach for the first time in a year
Going to the airport
Walking barefoot
When the queue I am in goes fast
Drinking water after a swim
Turning on a dim light before going to bed
Eating chocolate cake
Going to a cosy café I’ve never been to
Blowing candles
Making faces with laughing kids
Receiving a kiss on the forehead

Create happiness

Found on Superwoman’s Facebook page

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On Thursday morning, after experiencing the chaos that life can be, I was reminded that even in the darkest places, when feeling lost and helpless, you always have the power to turn things around. It might be deep within you, but it’s there somewhere, the light, the ability to be happy, because you are alive; brace yourself, it’s an adventure, and it’s absolutely worth it.

P.s. Check out Nancy’s blog, where you can be inspired to seize little things when you’re feeling down. 

Il pleut, en Bretagne

Il a plu ce matin pendant qu’on rangeait nos affaires ; j’ai essayé de ne pas trop lever la tête de mes vêtements, des dernières crêpes sucrées et de nos lampes torches ; j’avais un peu peur que mes yeux ne se remplissent d’eau, comme les nuages et les pins alentours. Mon cœur s’est serré et je sais que mes pupilles brillaient au fur et à mesure qu’on le quittait, ce petit coin de paradis, ce petit havre de paix.

Chaque année, le même sentiment m’envahit ; c’est un mélange de joie et de mélancolie, que ressentent à la fois mon corps et mon esprit.
Chaque année, la D768 me paraît trop longue à l’aller mais trop courte au retour – même si, aujourd’hui seulement, je donne un nom à ma route préférée -; il est bien trop dûr d’attendre pour voir la mer comme de la laisser derrière nous.

Il pleut en Bretagne, et pourtant, on reconnaît les marins à leurs traces grossières de lunettes sur le visage, et les couleurs lumineuses des cirés mettent leurs peaux brunes en valeur.

Saint-Pierre-Quiberon

Saint-Pierre-Quiberon

Il pleut en Bretagne, mais quand on est petit, on enfile nos bottes en caoutchouc et nos chapeaux de pluie, on va sauter dans les flaques et marcher dans les rocher ; on regarde les vagues s’écraser contre les falaises, et puis de toute façon, l’eau est plus chaude quand il pleut – c’est bien plus rigolo de s’y baigner… En grandissant, on aime toujours ces jours gris, puisque de la voile, on en fait par tous les temps, et surtout quand il y a du vent; on troque les coloriages contre un jeux de tarot et le chocolat chaud contre nos thés et autres cafés au lait.

Il pleut en Bretagne, mais quand le soleil se montre et que l’eau est limpide, on est seuls sur les sentiers, dans la lande, et sur les plages de sable blanc; et quand le ciel se teinte de bleus pâles et de roses oranger, que les nuages semblent se transformer en coton, que le vent berce les bateaux de pêche amarrés au mouillage, on peut trouver une place en terrasse, face à la mer, pour admirer ce doux spectacle.

Chaque année, il pleut en Bretagne, et finalement, c’est bien nous les premiers à le célébrer, puisqu’elle reste notre petit secret…

Flou artistique (mouais) de la Côte Sauvage

Flou de la Côte Sauvage (pour que le monde ne voie pas comme elle est belle)