Douce France et son éducation en carton

Dernièrement je me dis souvent que c’est une bonne chose de ne pas avoir fait mes études en France. J’entends plein de gens, jeunes comme moins jeunes, avec ou sans expérience professionelle, me dire que de toute façon, aujourd’hui, tu fais rien avec un master.

Et moi, ça me fait beaucoup réfléchir parce que j’ai pas du tout cette impression là. En juin, je serai pour la deuxième fois diplômée d’université, j’aurai un master en pôche, comme on dit, et j’ai vraiment hâte. Mais j’ai pas hâte parce que j’en ai marre d’étudier – j’ai adoré environ chaque jour de mes études parce qu’ils m’ont tous poussée à aller plus loin dans ma recherche de savoir et de sagesse et de but etc. – mais parce que j’ai hâte de faire plein de choses.

J’ai plein d’idées. Plein d’espoir.

Je regarde plein d’annonces sur LinkedIn, GraduateLand, jobsearch et tout le toutim, et avant ça, j’ai encore 5 mois avant de finir mon master, et j’ai déjà un boulot que j’aime bien, et j’ai commencé un blog hyperactif avec une amie, ce qui me rend plutôt occupée. Et même comme ça, quand j’imagine mon futur, je rêve, j’arrive pas à compter toutes les belles découvertes et aventures qui m’attendent tellement j’en vois, et j’imagine en plus de ça toutes celles que je vois pas et là j’ai envie que les 5 prochains mois passent vite et…

Et je me rends compte que je suis vachement privilégiée. À la base, je suis une optimiste, et peut-être un peu naïve mais jusqu’ici, ma naïveté m’a ammenée dans de jolis endroits, donc je tente de la conserver… Mais quand même ! Pourquoi ? Pourquoi j’ai l’impression d’être la seule petite jeune française qui arrive à avoir le sourire quand elle pense au futur ? À la vie professionelle, à l’entrée dans la vie active ?

France symbols - http-::www.lachambredessecrets.com:symbols-of-france:.jpg

Oh yes, Fwance, fwomage, oh la la – Source

Sûrement parce que j’ai pas eu à écouter tous les discours franco-français sur l’importance de l’une ou l’autre école en France (c’est la meilleure donc c’est ça ou tu vas avoir du mal, oui, tu n’as que 20 ans mais là je pense que t’es foutu(e)), sur l’importance de faire 5 ans d’études ou rien, sur l’importance d’une fois sorti(e) du bac, peut-être à même pas 18 ans, de choisir des études dans un intérêt purement practique (fais pas prof parce que c’est mal payé, encore moins de sport parce que c’est mal vu, ah et puis psychologie tu ne peux pas parce que tu n’as qu’un petit bac L de rien du tout, fais pas non plus sage-femme parce que tu dois passer par médecine et c’est impossible de réussir, ah et surtout pas de musique ou d’art ou de théâtre ou de philo parce que là tu te mets des bâtons dans les roues, mais vraiment, des bâtons super lourds, de métal, impossible à casser ni retirer…), ou même de choisir des études tout court, et surtout, de ne jamais rater pour finir au plus tôt possible, et de ne, jamais au grand jamais, changer d’avis.

Et moi, j’ai fait à peu près tout le contraire. J’ai pas été dans une école importante, j’ai été dans une école qui me plaisait, pour les cours qu’elle offrait. Ensuite, je me suis arrêtée un an, pour voir un peu le monde. Et puis ce que j’ai choisi, c’était pas tellement pratique (vaut mieux être ingénieur que traducteur, non ?), et en plus (!!!!) j’ai changé d’avis ! Et on m’a demandé pourquoi, en trouvant que, clairement, c’était pas normal. Et puis, en changeant d’avis, j’ai choisi un truc encore moins “pratique”, parce que vraiment, tu veux faire quoi avec un master de linguistique, qui en plus ne vient pas de la Sorbonne, mais d’une université danoise, franchement qu’est-ce qui t’a pris ?

Et en faisant tout le contraire de ce qu’on nous dit de faire en France, je me suis mise sur la voie qui me plaisait le plus, la voie où passe un train avec des fauteuils qui sont à ma taille, de la couleur qui me plaît ; dedans il y a de la peinture que j’ai choisi pour pouvoir dessiner et peindre l’extérieur (mais parfois je m’arrête pour choisir une autre couleur parce que j’ai changé d’avis, et puis un peu de changement ça fait du bien de temps en temps) et en plus, je peux même choisir la vitesse à laquelle il va (par contre il n’a pas de prises électrique pour charger mon Samsung système solaire 19+476, je préfère pas, ça me pousse à lire un peu plus).

Autumn train ride http-::indulgy.com:post:Hk3r3ol1m1:autumn-train-ride.jpg

Les super vues depuis mon train – Source

 

Je le sais, j’ai eu beaucoup de chance : la chance de pouvoir partir, d’être épaulée et soutenue dans les décisions que je prenais. À défaut de me mettre des bâtons de métal dans les roues, on m’a donné des super roues toutes légères pour que j’avance mieux, pour que je doive pas pédaler pour rien, et de bons freins, pour avoir le temps de changer de direction si je m’étais dirigée vers la mauvaise (t’as compris, mon train est électrique, c’est moi qui pédale pour qu’il avance).

Mais il font comment, les autres ? Ceux qui ont de mauvaises roues et des freins pourris, à qui on rajoute (comme si c’était pas déjà suffisant) des bâtons ?

L’été dernier, on m’a dit que c’était bien de partir de la France, pour voir du paysage, voir comment ça fonctionne ailleurs, mais qu’il fallait revenir. Qu’il fallait revenir pour partager ce qu’on avait appris. Ce qu’on avait vu. Reste juste à trouver comment…

(J’aurais pu nommer cet article “pourquoi j’ai pas DU TOUT envie de te revoir” ou “tu m’énerves et me déprimes” et “franchement j’avoue avec des études on fait rien et j’ai l’impression que ça a à voir avec ton système éducatif de m$*ù% qui date du siècle dernier” mais j’ai opté pour un titre un tant soit peu plus doux, parce qu’en fait j’ai fait des sciences “””””douces”””””, ou “””””molles””””” donc je suis capable d’à peu près… bah, que de ça.)
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Don’t Tell Ze French you ‘ave Diarrhea

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Aï am veri sorri if iou are French and can’t stand reading zis piece ov informésheun. Euh litteul bit ov auto-dérision néveur ‘eurt énioane.

Not too long ago, I was talking to an Asian friend of mine, while getting out of class, and we were talking about coffee and tea habits. I asked her if she could have milk products like cheese and yoghurt, if it was fine with her stomach, given the fact the Asian body supposedly cannot digest dairy products properly, as I’d heard. She answered that she’d only just learned about this and that she’d always eaten dairy products. We were out of class now, I was walking in front of her and another French friend of mine, and she added, very casually, that “sometimes [she] get[s] diarrhea”.

Uh-oh. What face do I put? She just shared something VERY personal and very UNSPOKEN in the French culture and Elise and I start to laugh in a very awkward way, not getting over the fact that she just shared this kind of info, yeah she did, she did share that, she said that sometimes eating dairy products gives her diarrhea. Fortunately, I did not have to look at her in the eyes while she said such a thing. I can’t believe she said this… And I’m sure Elise is thinking something along those lines…

See, when you are born and raised the French way, you don’t say these things to classmates unless you are VERY close. You might even never talk about these things. Nope. Only your doctor needs to know this. And no one else.

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French title, litteral translation: “The Discreet Charm of the Intestine”.

Look at this translation: this book was written in German, “Darm mit Charme”, which can (apparently) translate into “Charming bowels” (according to Google translate, “Gut my charm”). In English, this title was translated in a very scientific way: “Gut: The Inside Story of Our Body’s Most Underrated Organ”. And then you have ze French, who decide to say that the gut is charming, okay, whatever you say, but that we can’t have it this way, it has to be in a very discreet, reserved manner, meaning you have to keep your gut activities and thingies and whatever is going on in there very well hidden, however charming it might be. People need to know they can read this peacefully without being judged because this is too crazy to be talked about, you know?

To other people, i.e. the non-French, this is just normal. And this is something that you realise and get used to when you live abroad. Your ears have no choice but to adapt. Last weekend, I went to a yoga class, and right after, they usually offer a “ginger shot” (infused ginger in water with honey) – but this time, there was another kind of shot, a pre-made fermented Kombucha. I ask what it is, and I am told it’s a kind of mushroom that’s supposed to be good for the gut, your digestion and all that jazz. To this is added the following sentence: “If you drink this a lot, you will get a lot of farting”. WHAT!

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This is what happened in my mind: This is just crazy to me. I’ve known you for over a year, I see you about every week and know nothing about you or your life apart from the fact that you own this yoga studio, because you are very busy and also very Danish, and now you tell me that I’ll get a lot of farting if I have 2L of this kombucha drink!

Just writing these words now requires a lot of preparing for me. A few years ago, I would probably not have been able to write this article. My French fingers and mind just find it weird to be talking about such matters if not for a health-related purpose. A little voice in my head keeps telling me that these subjects and body activities are unsuitable for casual conversation with someone I barely know, let alone for a blog article.

This illustrates how conservative the French mind can be. Many topics that would fit in a lot of conversations in other places are taboo to us so-called frogs and simply cannot be addressed in casual conversation: your gut health, sex and everything that has to do with it (although I think this one is rather international), foreign origins that might not be too good-looking (your parents come from Africa, wow, this is, this is… Beautiful sky today, right?), money, inter-cultural marriages, and anything that’s a bit different than the established norm. Things are this way and in no other could they be carried out.

Swearing should also be limited, but that’s for another day.

Is it similar in your culture? I’m curious to know!

NB: This is a broad picture of my culture when it comes to “”sensitive”” subjects, but then as always, it’s all relative and everything that is written here can be subject to change, depending on age, origins, open-mindedness and more.

Post from a plane

Today I am flying with Norwegian airlines. It is one of the best airlines I have ever flown with: the staff is friendly, they are not late, and that makes them a great company because they can be really cheap. 

Also, there is wifi on the plane. 

Wifi! On a plane! Up in the air, above the clouds! When you’re flying 800kph! 11 000 meters above the ground (these are numbers given by their website at the moment). 

The first time I flew with them, I was astonished and couldn’t get over myself for the whole duration of the trip (2h).  How can it be? How does it work? Now it’s the third time I get to check my emails and Instagram feed while sitting here and glancing over at the nearby clouds and I just wonder how our society just got here, to where it is. 

Some kids can’t go to school or even eat and some others get to watch YouTube videos while on the plane. 

How can this be, really? 

I am as amazed at how much we can do as I am saddened at how little we actually do. 

And in the magazine they put in the back seat in front of you, one article talks about robots and how they might start working as receptionists and PR agents in the future! 

Don’t get me wrong. I love our time and I am very grateful we have new technologies, and I love that our world is so connected in oh so many ways, and I am in no way discussing wether we should stop all that. 

But shouldn’t we also focus on the vital things? Couldn’t we get robots to Kenya and making them fetch water instead of letting 10-year-old girls do it? Couldn’t we have robots build housing facilities in Brazil or Russia fast? Couldn’t we focus on creating chips that would provide humans from corrupting the world (ok, that one might take a while)?

I’m not saying no one is doing anything either. 

I’m just wondering why I am sitting here on this plane, about to press the “post” button of this app  while in other parts of the world, families will have to get up and fight to get food and water, just to survive. 

21st century. I’m just wondering why

 

Racisme : la théorie de la tortue

Il y a beaucoup de choses que je ne comprends pas. La mode des licornes sur internet, le port de chaussures et d’habits inconfortables pour des raisons purement esthétiques, l’envie d’avoir raison à tout prix, pour ne citer que quelques exemples, mais chacun son truc, non ? Que celui qui est heureux dans sa douleur vestimentaire soit heureux dans sa douleur vestimentaire. En revanche, il y a une chose que je n’arrive pas à comprendre, et ce malgré maintes et maintes heures passées à réfléchir à la question, à retourner le problème de toutes les manières possibles et imaginables, il y a cette chose que je n’arrive pas à saisir, ce fléau dont tout le monde parle sans vraiment en parler, ce truc, ce mot qui me fait froncer les sourcils et qui me fait sortir de mes gonds chaque fois que je le rencontre ou me trouve face à une situation qui en contient.

Je comprends rien au racisme. Et je déteste ce mot. Il m’énerve. Je comprends pas pourquoi ni comment on peut être raciste, surtout dans nos sociétés occidentales, sociétés dans lesquelles on a accès à toute l’information mondiale ou au moins une partie assez importante qui permette au cerveau humain de déduire qu’on est justement, tous humains, que tu sois jaune ou bleu, que tu pries en arabe ou en hindi, que tu croies en un Dieu des animaux et bien d’autres ou seulement en un super méga puissant qui sait tout et voit tout, ou que tu te foutes très largement de savoir s’il existe une telle chose, bref, tu m’as comprise. Ce que je veux dire, c’est qu’aujourd’hui, on a les moyens de se rendre compte que la différence est inhérente à l’être humain et qu’elle est bien plus enrichissante qu’handicapante (euphémisme).

Selon le Trésor de la langue française, le racisme, c’est l’ensemble de théories et de croyances qui établissent une hiérarchie entre les races, entre les ethnies.

Races ? C’est quoi ? Y’a quand même pas autant de différences entre les humains d’un continent à un autre qu’entre un chien et un koala, si ? Et hiérarchie entre elles ? Sous quel droit ? Pourquoi ? Il y a un manuel ? Guide du racisme pour les nuls ? Quelles raisons amènent les hommes et les femmes à penser qu’une sorte d’hommes ou de femmes est meilleure que d’autres ? Et comme si cette démarcation n’était pas suffisante, on pense même à vouloir mettre fin aux vies des personnes considérées comme “inférieures”, et si c’était encore pas assez, on le fait vraiment ? Quelqu’un m’explique ? Mais, vraiment ? Je dis pas m’expliquer avec la définition, je veux qu’on m’explique pourquoi, le vrai pourquoi, le vrai, le vrai, je veux pas de ces réponses qu’on donne aux enfants quand on est impatient ou au lieu de dire qu’on ne sait pas quand on ne sait pas pourquoi le ciel est bleu. Parce que s’il n’y pas de raison au racisme, alors il n’y aucune raison pour qu’il existe. Et la soif de pouvoir ne compte pas comme réponse valide.

Comme jusqu’à maintenant, j’ai trouvé personne pour me donner une réponse à cette question, je me suis fait une théorie (j’aime pas ne pas comprendre, ça m’énerve).

Cette théorie est largement liée à mon incompréhension de ces croyances (qu’une ethnie est supérieure à une autre), mais la situation est inversée : il me semble que raciste est celui qui ne comprend pas l’autre. Raciste est celui qui ne sait pas que la couleur de peau, les croyances, les préférences de l’autre n’ont aucune influence sur sa propre couleur de peau, ses croyances, ses préférences, à partir du moment où le respect est présent dans les relations humaines inter-culturelles. Raciste est l’ignorant qui ne cherche même pas à comprendre.

Et l’autre, dans sa différence, fait peur. L’incompréhension et l’ignorance amènent au jugement et à la peur. La différence fait peur. Je juge parce que je ne sais pas et ne connais pas. Je juge, je regarde de loin, je condamne, et parfois même je tue, parce que j’ai entendu qu’on disait du mal de mes croyances et c’est un combat sans fin puisque surgit la course au pouvoir et à la raison (moi j’ai raison et toi t’as tort parce que – oui, la phrase est terminée).

C’est simple. Je ne sais pas, je connais pas, je juge et j’ai peur, parce que je ne comprends pas – je rentre la tête dans ma carapace, comme une tortue, et je pointe les autres du doigt et rends leurs croyances et apparences physiques responsables de tous mes maux, parce que j’ai la tête dans ma carapace (l’analogie marche aussi avec l’autruche, qui met la tête dans le sable, d’ailleurs on utilise déjà cet animal, la “politique de l’autruche”, c’est ça aussi, le racisme, et moi j’utilise une autre image pour parler de cette forme d’expression de son ignorance et de ses passions, à défaut d’utiliser ses neurones pour penser, et je trouve ça tellement dommage, c’est une PEINE INTERGALACTIQUE, sans nom ! À quoi bon être doté d’un cerveau qui nous permet de peser les choses si on ne l’utilise pas ? Et je vous présente la plus grande des erreurs humaines : l’oubli de son propre cerveau. Maintenant bon courage pour relire la phrase en dehors de la parenthèse, désolée, on commence à me connaître, non, j’aime bien les parenthèses), et je ne peux pas voir que mes gestes peuvent aussi avoir influencé le malheur dans lequel je me trouve aujourd’hui. C’est la théorie de la tortue.

Le sujet est bien plus complexe, bien plus large que ma théorie de la tortue et influence bien plus de domaines qu’il n’y paraît. Mais parfois les mots ne valent pas tellement, ça sert pas à grand chose de parler, d’écrire, puisque personne ne lit, personne n’écoute, alors pour mettre fin au racisme, on n’est pas obligé d’en parler si personne ne comprend vraiment ce que c’est, il faut juste aller voir ce qu’il se passe ailleurs, prendre l’avion, le train, le bus, que sais-je, aller voir comment on prie et comment on mange et comment on aime sur d’autres continents, même dans le pays d’à côté, (même dans la rue d’à côté peut-être !) et enfin on peut comprendre, enfin on peut voir qu’il n’y pas de “race” qui tienne, pas de peur qui reste, juste des hommes et des femmes, des enfants et des vieillards, gens qui se battent pour les mêmes choses, qui rient des mêmes choses, qui recherchent la même chose (le bonheur).

BECAUSE OF TOO MUCH POWER

Pouvez-vous partager ces mots pour m’aider à trouver un raciste qu ait de VRAIS arguments SVP ?
Sinon, je propose la mise en place d’un projet, on pourrait l’appeler “À la recherche des cerveaux perdus” (c’est juste une idée), me contacter si intéressés. N’hésitez pas à faire passer l’info parce que ça risque de prendre un petit peu de temps. Merci pour eux.