Mais c’est quoi, le français?

En tant que résidente étrangère au Royaume de la Gaufre et de la Frite depuis maintenant deux ans, et ayant fait l’expérience de la langue française dans un autre pays que le mien en plus d’en avoir étudié ses quelques secrets, je me dois de partager quelques petites choses rigolotes…

Je décide de partager ma petite liste de vocabulaire – presque remplie quotidiennement -, parce que la découverte de ces mots m’a énormément marquée. Je suis Française, et toi comme moi, on connait les clichés: les français sont arrogants, chauvins, ils sont toujours en vacances, ne boivent que du Ricard ou du vin rouge et jouent tous à la pétanque pendant l’été. Bon, voilà, certains de ces clichés sont vrais, d’autres pas… Et pour ce qui est de l’arrogance, c’est un peu vrai. Quand je suis arrivée en Belgique, j’étais surprise: ce n’est donc pas seulement l’accent, mais aussi leurs mots qui rendent les Français arrogants aux yeux des francophones! Quand j’y pense, maintenant, je trouve ça plutôt logique. C’est vrai, qu’est-ce qui fait qu’on reconnaît les gens de chaque pays? Il y a leur façon de s’habiller, leurs manières de faire et de se comporter, mais aussi leur façon de s’exprimer.
En France, on ne se rend pas trop compte de ça. À l’école, on ne nous apprend pas assez vite, à mon goût, qu’on parle aussi français au Québec, dans certains pays d’Afrique, en Belgique, en Suisse… Et surtout que ce français change. On sait juste qu’eux, par là, ils disent septante et nonante… “Ils sont bizarres…” Sans rire, c’est comme ça que les mangeurs de grenouilles voient la différence. C’est eux, qui sont bizarres, les autres, parce que “la langue française, elle vient d’où? Fran…çais, oui tu entends? Fran…ce, tiens c’est marrant comme ça se ressemble!!” Faites les malins, oui.

Si on fait une petite enquête auprès des Belges, ils sont tous d’accord:  les Français parlent comme çâââââ, et à Paris-han, c’est encore pire-han. Et puis le vocabulaire, n’en parlons pas… Si compliqué! Des mots trop composés, qui sonnent trop scientifiques ou sont trop vagues… En bref, des mots trop.

Pour illustrer un peu ma pseudo-étude, voici une série de mots qui ont attiré mon attention. (Tous les italiques seront les utilisations en Belgique.)
Un signet = un marque-page
Un essui vs une serviette vs un torchon vs une serpillère… Là on ne s’en sort plus, un vrai bazar.
Un biscuit = un gâteau (type Prince, Petit Lu, etc.)
Un gâteau = un gâteau
Un singlet = un Marcel, le tee-shirt
Une tirette = une fermeture éclair
Le primaire et le secondaire – en France, on parle de l’école, du collège et du lycée, les trois étapes “basiques” de la scolarité.
Le carré = le dièse. Celui là m’a posé problème pendant environ un mois avant que je ne puisse écouter mes messages vocaux. “Mais j’ai pas de carré sur mon clavier moi, je fais comment pour créer mon code??”

Et puis, quand je te disais qu’on utilisait que des mots trop compliqués, en France… On dit une frise chronologique, alors qu’en Belgique, la même chose est une ligne du temps. Il y a aussi le porte-mine, qui serait plutôt un criterium en France. Ça, ça sonne trop scientifique.

On utilise la marque ou on l’utilise pas?
Des magicolors = des feutres
De l’essui-tout = du Sopalin
Du papier collant = du Scotch
Un bic = un stylo; là, c’est le même cafouillage que pour essui, serviette (et tout le toutim) – un stylo, pour les Belges, c’est un un stylo plume pour les français.

Expressions
Moi bien = moi si/oui. Exemple: – J’ai pas très faim… – Moi bien!
Ca tire pas trop? 
Contexte : pendant un trajet en voiture, le conducteur a la fenêtre ouverte, je suis assise derrière; il me demande si ça ne “tire pas trop“. = il me demande s’il n’y a pas trop de vent.

Allez est une interjection qui s’utilise pour remplacer ce “euh..” de blanc, ou  pour mettre une emphase à ce qu’on est en train de dire. “Tu peux venir me chercher en voiture? Parce qu’allez, je vais pas marcher 5km sous la pluie!”
À tantôt, c’est comme dire “à tout à l’heure”. Celui là fait beaucoup rire les français (“je pourrais t’appeler Messire et ça donnerait une indication de plus sur l’époque pendant laquelle tu vis”). Ca fait aussi rire que prononcer le “t” de “soit” et d’appeler un téléphone portable un GSM.
Avoir bon/mauvais signifie être bien, content, ou non. “Demain on n’a pas cours, j’ai trop bon”
M’enfin dis! / Oh dis(+ le prénom de la personne par laquelle on est outré)!
Ca va, s’utilise à tout va, c’est comme OK, sauf que “OK, c’est trop direct!”. C’est un peu déstabilisant au début… “Je vais faire les courses, ça va? On se voit tantôt!”

Les phrases des “jeunes”
À l’aise est équivalent au “ok, ça va”.
Blindé/full = beaucoup. On a full/blindé de boulot pour la semaine prochaine!
C’est tout bon = c’est trop bien, trop cool, tu vois. Souvent prononcé de la manière suivante: “C’tout booon ça!!” (avec beaucoup d’excitation dans la voix)
Ça me tend = ça m’énerve ou ça me stresse.
On prend la petite soeur? soumet l’idée de reprendre une bière.
(Les deux dernières expressions, je ne sais pas si elles ne sont qu’utilisées par les jeunes, mais je ne les ai entendues dans aucun autre cadre.)
Fieu serait l’équivalent de “mec”.
Ket, c’est un peu comme mec aussi, sauf qu’on le dit plutôt dans le sens de “débile”.


Ce qui n’existe qu’en Belgique

Une mitraillette : c’est une baguette dans laquelle on met de la fricadelle et des frites, oui, en même temps!!
Il y a aussi beaucoup de termes culinaires, forcément, et parfois en néerlandais – platekeis par exemple, qui est du fromage blanc mélangé à des oignons, des radis, du sel, du poivre et qu’on mange avec du pain. Une drache aussi, ça n’existe qu’en Belgique (et dans le nord de la France, bien sûr)…

Voilà, j’avais dit petit aperçu; je n’ai pas pu m’empêcher de raconter plein d’aspects qui me semblent intéressants. Et ma liste n’est pas finie! Il reste toutes les fardes, sandwich mous et autres kickers… En attendant, je te laisse deux vidéos: une sur Les clichés – en France… et une autre, sur la Belgique, très ironique, comme le peuvent être ses habitants: Belgium for Dummies.

bel-fr français

NB: Je suis un peu fâchée contre l’ouverture d’esprit des Français, parfois…
NB*: OK, j’exagère peut-être un peu trop, je l’avoue, mais c’est sans rancune…
NB**: Tout ce qui est entre guillemets a été entendu de la bouche de Français entre le moment où je disais aux gens que je partais étudier à Bruxelles et aujourd’hui encore. Enfin, surtout pendant les premiers mois, quand je rentrais en France. Quelques fragments ont été capturés pendant des conversations on ne peut plus animées avec des Belges, à propos de la langue française.

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