Bonjour 2013

2013, 2013…

On remet les compteurs à zéro, ou au moins celui du calendrier.
Je me rends compte que quand on grandit, le réveillon, le 1er janvier, la nouvelle année perdent de leur importance; c’est un peu comme les anniversaires: on les attend en général avant 18 ans, plus ou moins selon les gens et les âges, mais en général, on aime faire le décompte des jours; on attend l’évènement avec impatience: c’est ton jour, il arrive, fais ce qu’il te plait, blablabla… Et en décembre, il y a cette grande question “Et tu fais quoi pour le 31?” Cette année, j’ai eu la sensation de beaucoup moins l’entendre; est-ce moi, est-ce que c’est juste dans ma tête qu’elle a beaucoup moins retenti?
Avant, j’aimais beaucoup le jour du réveillon, le 31, c’était WOW, c’était presque ZE event de l’année; quand j’étais plus jeune, on le faisait régulièrement à la maison et il y avait toujours plein de monde. Depuis le matin, ma mère était dans la cuisine, et même parfois depuis la veille; il y avait des livres de recettes partout dans la cuisine, des listes de courses, des casseroles sur le feu, des plats, des verres, des pailles, sur tous les meubles, et toute la journée il y avait de la musique dans la maison. Ambiance M ou Manu Chao ou Mozart ou Jack Johnson, selon les envies et les heures. Mon père était chargé d’aller chercher d’autres tables et d’autres chaises chez Truc, d’appeler Machin pour savoir quand on pourrait venir chercher le baby-foot, de prévenir les voisins qu’on ferait sûrement un peu de bruit. Il recevait aussi les gens qui eux étaient venus chercher des trucs à la dernière minute, des enceintes ou des lumières, ou autre chose, que sais-je.  Nous, les filles, on était toutes les 4 dans la cuisine. Avec mes soeurs on riait beaucoup; on chantait et on récitait des poésies en imitant des gens, on se racontait des blagues. Et en devenant ados, on devait être plus actives et faire les trucs pas marrants, et parce que Maman nous demandait toujours de faire plein de tâches en même temps – la vaisselle, monter les caisses de linge propre et ranger le salon – on se faisait des commentaires qui ressemblaient à “Mais Elée, tu fais quoi là? Tu sais que pendant que t’essuies les assiettes tu pourrais mettre les bouquins qu’il y a dans l’escalier sur ta tête pour les monter!” Je crois que Maman faisait semblant de ne pas l’entendre. En tout cas, la bonne humeur était de rigueur, c’était comme une pause de mauvaises ondes.

Vers 18h, on montait se préparer; dans la salle de bain, c’était le vrai embouteillage. Quand on avait toutes entre 9 & 13 ans, c’était juste les coiffures qui nous prenaient du temps; on se faisait des tresses, l’une lissait les cheveux de l’autre, Maman se maquillait… Et puis ensuite, on a eu beaucoup plus de boulot! Pendant que l’une se lavait les cheveux (ils sont toujours mieux quand on vient de les laver – pas le matin même, quinze minutes avant que les gens arrivent, évidemment!), l’autre testait une nouvelle coiffure, et puis on se maquillait de A à Z – “Si je me maquille les yeux, on va dire que je suis encore plus belle parce que d’habitude, je le fais pas!” Une fois prêtes, on descendait pour accueillir les gens qui commençaient à arriver. Là, c’était la cohue dans la maison: on sonne toutes les cinq minutes, on s’embrasse, on s’exclame; tout le monde sent bon, les talons claquent sur le carrelage, Maman met les fleurs dans les vases.
C’était le moment où les amis qu’on ne voyait pas souvent venaient, le moment où on se faisait complimenter avec mes soeurs – bien sûr qu’on adorait… “Mais qu’est-ce que t’as grandi!” “Regarde comme elles sont belles!” “Tu fais toujours du saxo? Et toi la danse? Vos représentations étaient vraiment sympa à l’anniversaire de votre Maman…”
Grâce à ces soirées, on avait le droit de se coucher tard, on pouvait même s’endormir dans le canapé! On dansait aussi le rock avec Papa et on découvrait les joies de l’alcool: “Maman, il danse bizarrement là…”
A minuit, on s’embrassait tous, c’était joyeux, et on ouvrait le champagne. Que d’émotions le jour où on a pu avoir notre coupe…

Aujourd’hui, c’est un peu différent; enfin, cette année, le le réveillon et 1er janvier ne sonne pas de la même manière. C’est juste une année de plus. Comme un an de plus à nos vies, ça ne change pas grand chose. C’est comme ça que je le ressens, du moins. Pourquoi? A cause des examens de janvier? Parce qu’on n’a plus besoin d’une occasion pour se retrouver entre amis et boire un verre? Parce qu’on a déjà passé trop de 31? On grandit, oui, mais qu’est-ce qui fait, quel élément exactement, qu’on ne voit pas les évènements comme avant? Qu’est-ce qui a changé? Unanswered questions.

En attendant la fin de la méditation, et pour bien commencer l’année (c’est pas si important, je viens de le dire, mais faut bien suivre la tendance…), let’s twist and shout avec les Beatles.

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